mercredi 21 mai 2014

Seniors et bibliothèque




Avertissement pour les personnes sensibles :

Pierre Bourdieu le disait, l’âge est une « donnée biologique socialement manipulée et manipulable. »
Que les choses soient claires, dans cet article, on va parler de seniors, de vieux, d’anciens, de personnes âgées…
Et il faut bien qu'on fixe une limite : est considérée comme senior une personne de plus de 60 ans.

Oui, oui, je sais …
Allez, séchez vos larmes et lisez ce qui suit…


Il y a un bout de temps, sur ce blog, nous avions déjà abordé le sujet de la lecture et des personnes âgées.(c'est dans cet article)
La bibliothèque centrale du Brabant wallon a été pionnière en Fédération Wallonie Bruxelles  et a organisé par deux fois une formation Lecture et personnes âgées, avec Claire Burghraeve.
En 2014-2015, ce sera au tour de l’APBD d’organiser un parcours de formation sur le sujet.

La semaine dernière, j’ai eu l’occasion d’assister à un colloque organisé par la Bibliothèque centrale de Bruxelles. Les actes paraîtront dans la revue Lectures mais je me propose de vous faire ici un petit compte-rendu de la première intervention et, surtout, de vous indiquer les liens vers d’autres initiatives et documents intéressants.

Les seniors en bibliothèque : un continent inexploré ?
 
Yves ALIX, de l’Inspection générale des Bibliothèques (France), a publié un rapport intitulé «  Les bibliothèques et l’accès des 'seniors' et des personnes âgées à la lecture ».

 
Les résultats de cette enquête sont assez surprenants.
Par exemple, alors que la fréquentation des personnes âgées en bibliothèque semble être une évidence, les statistiques contredisent cette idée reçue et montrent le faible taux d’inscription des seniors en bibliothèque.

Une des explications pourrait être que les seniors sont une catégorie autour de laquelle beaucoup de loisirs se sont développés : croisières, visites guidées, excursions, conférences, parcs à thème, …
(Par exemple, ma sœur -la vilaine- a toujours trouvé que Bruges avec ses promenades sur les canaux était un Disneyland pour vieux).

Les seniors seraient donc plutôt demandeurs d’activités collectives et générant du lien social. Or, la lecture et la fréquentation d’une bibliothèque est ressentie comme une pratique individuelle.

C’est donc là que la créativité des bibliothécaires peut s’exprimer.

La catégorie des seniors est très hétérogène et nous en avons une connaissance très lacunaire (quelles sont leurs attentes, leurs intérêts).
En établissant une cartographie des publics potentiels dans le territoire, en analysant les besoins à satisfaire (bon sang, Monsieur Alix fait du Plan de Développement de la lecture sans en avoir l’air) on peut imaginer des animations qui satisferont ce type de public.

livres-à-la-main

Quelques exemples :

- La bibliothèque départementale de l'Ardèche organise des séances « nostalgie ».
- L'association Lire et faire lire où le senior est acteur de la promotion de la lecture.
- La Bib' à Dom', à Lyon, un service de portage à domicile enrichi de lectures à voix haute à domicile.
- Port'âge, développé par les volontaires du service civique des bibliothèques de la Ville de Paris.

Il existe également des projets autour de la formation et de la transmission intergénérationnelle des savoirs.

Le défi pour le futur étant de réussir une transition numérique en bibliothèque, y compris pour les services aux seniors.
Sur ce sujet, n’hésitez pas à partager vos expériences et initiatives.

Les enjeux sont de taille puisque, comme chacun sait, dans une génération, les plus de soixante ans représenteront 30% de la population.

 


mercredi 7 mai 2014

Rwanda, vingt ans après

Lors du festival Les nuits d'encre, nous avons eu l'occasion d'organiser une soirée de commémoration du génocide rwandais.

Il y avait Joseph N'dwaniye, Belge né au Rwanda. Dans La promesse faite à ma soeur, il aborde le génocide au travers de ceux qui sont restés en vie.

Il y avait aussi le Sénégalais Boubacar Boris Diop venu parler de son roman Murambi, le livre des ossements, dont Toni Morrison, prix Nobel de littérature, a dit qu'il était un véritable miracle.

Et aussi l'Ivoirienne Véronique Tadjo qui, dans L'ombre d'Imana, tente de nous faire comprendre que tout peut toujours arriver, ici et partout.



Trois belles voix de la littérature africaine.
La rencontre était préparée et animée par Jean-Claude Kangomba.

Mélanie Godin, dans le cadre du projet Sonalitté était venue enregistrer la rencontre et a réalisé des portraits sonores des auteurs.
Ceux-ci ont été diffusés sur Radio Panik. 

Vous pouvez les retrouver ICI.