vendredi 27 juin 2014

Congrès de l'ABF 2014 : compte-rendu (deuxième partie)

Y A-T-IL ENCORE UN COEUR DE METIER ?

Modérateur : Yves Alix, inspecteur général des bibliothèques
Intervenants :
Laurence Rey, Bibliothèque nationale de France
Frédéric Guéguen, directeur de la BDP de la Sarthe
Bertrand Callenge, directeur des études à l'Enssib 

Suite aux grèves de la SNCF qui ont quelque peu malmené les voyageurs, Bernard Callenge n'a pas pu être présent. Mais il avait écrit les grandes lignes de son intervention. C'est donc le modérateur qui a porté sa parole.
La question avait déjà été abordée dans le livre qu'il a dirigé :

Bibliothécaire, quel métier ?
par Laurence Tarin 
sous la dir. de Bertrand Calenge. Paris : Éd. du Cercle de la librairie, 2004. – 314 p. ; 24 cm. – (Bibliothèques). ISBN 2-7654-0890-4 : 42 €   
(le résumé de l'ouvrage est ICI

Pour répondre au sujet de la table ronde, Bernard Callenge se pose une question simple a priori : De quoi ont besoin les professionnels pour débuter leur carrière ?
Avant, le coeur du métier de bibliothécaire était la constitution de collection et l'identification de documents.
A l'Enssib, l'esprit de la formation initiale reste de donner une formation généraliste, de donner des bases solides en respectant la "généalogie" du métier. 
Le défi est d'articuler savoir et savoir-faire dans la conduite de différents projets. Le coeur du métier de bibliothécaire réside dans cette capacité à gérer des projets. Ainsi, nous permettons au public de se confronter au savoir (par des conférences, des tables rondes, des débats, ...)
Les évolutions pressenties par Bernard Callenge sont d'une part le rapprochement avec d'autres métiers de gestion de l'information (bibliothèques numériques) et d'autre part l'amplification des savoir-faire en matière de médiation de l'information. Il faut aussi souligner l'importance de la formation continue dans un métier en perpétuelle évolution.
Dans les équipes, on voit venir des gens d'autres horizons, cela permet aux bibliothécaires de se recentrer sur leur coeur de métier, qui s'est considérablement complexifié.
Il est curieux d'observer que l'identification la plus forte reste attachée à un lieu, qui donne son nom à ceux qui y travaillent.
 je travaille en BIBLIOTHEQUE -> je suis BIBLIOTHECAIRE
Avec le numérique, les bibliothécaires vont aussi travailler en dehors des bibliothèques.

Vous pouvez aussi consulter l'interview de Bernard Callenge dans le Livres Hebdo du 13 juin 2014.
Laurence Rey travaille au département de l'information bibliographique et numériqe de la BNF.
La BNF, c'est 2400 agents ! Le changement ne peut se faire qu'en faisant évoluer le personnel, la formation est donc cruciale. Pour info, 700.000 euros y sont consacrés annuellement.
La catalographie reste une grande part d'activité mais le numérique transforme les compétences classiques (signalement, communication, valorisation,...)
Le catalogue n'est plus seulement une base de données mais permet d'autres usages. Le personnel fait de moins en moins de descriptions bibliographiques car on peut les retrouver ailleurs. Le défi est plutôt de les enrichir. Cela s'appelle la transition bibliographique.
Ainsi, le travail du bibliothécaire est beaucoup plus visible : ce qu'il produit apparaît sur le web, il communique plus avec l'extérieur.
Les modalités de formation évoluent aussi :
- insertion du numérique dans une offre existante
- séances de sensibilisation au numérique (ex: le vocabulaire numérique) 

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter en ligne (ICI) le mémoire d'études défendu par Madame Rey : Les nouvelles compétences en bibliothèque : profils de poste et plans de formation des personnels au regard de l'évolution des services

Et ICI aussi, un article intéressant sur le sujet : L'étonnante plasticité des compétences professionnelles et la bibliothèque numérique . Bulletin des bibliothèques de France [en ligne], n° 4, 2011
Frédéric Guéguen a tout d'abord présenté les missions de la bibliothèque départementale de la Sarthe :
  action culturelle
  soutien aux équipes
  soutien technique
  formations (50 jours/an)
Sa réflexion sur le métier de bibliothécaire a été développée à partir d'un guide que sa bibliothèque a édité en 2008 :
Accueillir les publics handicapés à la bibliothèque.
Cette publication a pour objectif de susciter et de valoriser l'accueil du public handicapé dans les bibliothèques, tant au niveau des contraintes techniques que du point de vue de l'accueil humain. 
Le guide est téléchargeable ICI.










Sur la question du handicap, Frédéric Guégen a relevé une certaine frilosité des bibliothécaires et s'interroge sur les raisons.
Est-ce un manque de perception sur l'intérêt de la démarche ? Est-ce un manque de compétences et de moyens ? Ou est-ce dû aux difficultés à appréhender le handicap?
Monsieur Guéguen se demande si cela relève de compétences nouvelles à acquérir ou si c'est de l'ordre de l'ouverture d'esprit.

Et la séance se clôture avec cette citation que je vous laisse méditer :
"Les usagers ne sont-ils pas plus en avance que nous 
sur ce qu'ils attendent des bibliothèques ?"

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